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Les valeurs partagées des Lieux à Vivre
Charte des Lieux à Vivre
Le propos des Lieux à Vivre
Egrégore
La pratique d’accueil des « Lieux à Vivre » veut être une réponse alternative entre le tout de la mise à l’emploi et le rien de l’errance et de la reconduction de situations abandonniques.
Hébergement dans la durée (comme préalable à toute démarche), vie commune (comme lieu d’une première insertion), activités (pour retrouver rythme de vie et utilité sociale), accès à la citoyenneté (pour développer estime de soi et sens de l’environnement culturel, social, etc.) :
Ces piliers de nos actions, liés et indépendants les uns des autres, veulent proposer aux personnes et aux politiques sociales un mode d’accueil qui privilégie clairement le collectif et les activités solidaires comme mode d’insertion sociale. C’est le collectif qui accueille et propose l’intégration en son sein des personnes et des familles.
Cependant des limites existent pour ce mode d’accueil :
♦ Parce qu’on ne peut pas accueillir tout le monde : respect d’un équilibre dans la diversité des typologies des personnes accueillies dans le lieu, et en harmonie avec le groupe qui accueille (d’où l’exigence de mixer les « publics » pour éviter de créer des ghettos à l’intérieur du collectif).
♦ Une limite est imposée par le nombre de places.
♦ L’adhésion des personnes au projet devient nécessaire à terme.
Entre ces deux pôles, la rue ou l’insertion, doivent pouvoir exister un temps et un espace reconnus pour permettre aux femmes, aux hommes et aux familles en grande difficulté d’entrer dans la dynamique d’une reconstruction, de prendre le temps nécessaire pour entrer dans un mouvement de réappropriation de soi et de son environnement, en complément des parcours d’insertion habituellement proposés.
A travers cette proposition, nous promouvons le contrat qui lie l’État/les institutions et les Lieux à Vivre pour la reconnaissance d’initiatives de terrain permettant à des gens de vivre ensemble dans une dimension active de vie communautaire, reconnaissance d’expérience où l’État et les collectivités ne sont ni initiateurs, ni promoteurs.
Au point de départ, il y a des hommes, des femmes et des familles dont l’urgence est de vivre. Vivre par-delà les très sérieuses difficultés que rencontrent ces personnes.
Elles désignent également les priorités à mettre en œuvre :
♦ Priorité à être là plutôt qu’à la rue : pouvoir poser sa valise ;
♦ Priorité médicale ;
♦ priorité administrative : être (r)établi dans ses droits ;
♦ Priorité thérapeutique ;
♦ Priorité de restaurer une relation de confiance avec soi-même (estime de soi) et au sein d’un groupe (compagnonnage).
L’insertion sociale se caractérise, pour nous, par une mise en mouvement :
♦ Sur le lieu de l’accueil par la participation aux activités et au déploiement de la dynamique des « Lieux à Vivre » ;
♦ Tournée vers et à l’extérieur, pour tenter de mener à bien son projet de vie.
Les moyens mis en œuvre pour finaliser cette forme d’accueil « Lieux à Vivre » sont de plusieurs ordres :
◊ Une dynamique offerte aux personnes :
♦ Pour donner un temps certain aux personnes accueillies et être capable (structurellement) de prendre le temps d’un compagnonnage vrai ;
♦ Pour lier hébergement, vie commune, activités et promotion de la vie citoyenne qui sont les piliers de notre action avec les personnes ;
♦ Pour vivre dans un type adapté à la situation et au choix de la personne.
◊ Un accompagnement dans la durée :
Le premier accueil partagé permet à la personne d’accéder à la vie commune. Au terme d’un temps plus ou moins long, chaque personne se donne les moyens de choisir son avenir, de faire le choix de sa vie : insertion dans une vie professionnelle choisie à l’extérieur du lieu ; ou décision de « vivre là » comme à la maison, dans d’une vie régie par un cadre clair (participation à l’activité, respect du règlement intérieur, compagnonnage actif).
◊ La participation aux activités solidaires propre à nos lieux dont bénéficient à la fois les structures et les habitants. Ces activités solidaires regroupent quatre réalités :
♦ Activités ménagères, création et aménagement des locaux ;
♦ Activité participative de solidarité locale (SAMU social, maraude, téléthon, distribution alimentaire) ;
♦ Activité vivrière ;
♦ Activité productive et économique ;
♦ Toute activité artisanale et d’expression (atelier d’écriture, de peinture, etc.).
Toutes ces activités sont sources de formations diverses et particulièrement la validation des acquis de l’expérience (VAE), de rencontres avec les acteurs économiques locaux et de ressources économiques pour les communautés.
La formalisation de ces initiatives de solidarité s’établit sur :
◊ Le respect du pacte républicain :
♦ Formalisation administrative le plus souvent sous forme associative ;
♦ Refus des logiques d’enfermement et autres dérives sectaires ;
◊ La volonté de développer le bien-être des personnes, au sens de l’Organisation Mondiale de la Santé et en référence à une vie sobre, refus la surconsommation de biens et de services dans une perspective d’économie circulaire et locale ;
◊ La promotion d’un contrat de compagnonnage entre les personnes participant à l’animation du lieu : résidents, bénévoles, salariés (Point 4 de la Charte) ;
◊ La garantie de la dimension collective de la propriété et du projet :
♦ Contribuer à la création d’un capital commun : il s’agit de faire fructifier un bien reçu en héritage dans la perspective de le transmettre à d’autres en améliorant ses composantes dans la recherche du mieux et du beau ;
♦ Mobiliser et générer du capital social, des formes de confiance mutuelle et d’engagement civique, qui entretiennent le souci des biens communs ; augmenter le capital social de la personne par l’appartenance à un groupe, qui génère des liaisons permanentes et utiles pour maîtriser l’environnement social ;
♦ Produire des règles pour assurer une saine gestion de la vie des communautés et de ses habitants ;
♦ Offrir l’adresse du lieu à vivre comme boite à lettres pour tous et la possibilité d’une domiciliation si possible.
◊ Un modèle économique basé sur l’hybridation des ressources : participation des résidents et des bénévoles, ressources économiques des activités communautaires, aides publiques et soutiens privés.
Un engagement réciproque avec l’État
En 2023 un agrément national d’organisme d’accueil communautaire et d’activités solidaires (OACAS) a été accordé par l’État à dix associations de l’Union Inter-Régionale des Lieux à Vivre (UILV).
Cette démarche portée par l’Union a fait l’objet d’une convention entre l’État et l’Union Inter-Régionale des Lieux à Vivre. L’UILV est agréée en tant qu’organisme national OACAS, agrément qui vaut pour les Lieux à Vivre qui lui sont affiliés, s’ils en font la demande (arrêté du 23/07/2017).
L’activité des Lieux à Vivre en chiffres
→ 682 personnes accueillies annuellement par les communautés affiliées ;
→ 335 personnes en moyenne résidentes dans les communautés, 242 nouvelles entrées par an ;
→ 720 bénévoles adhérents et 860 000 € de recettes annuelles générées par les activités et les services solidaires.
Mise à jour avril 2024Socle associatif Lieux à Vivre : les outils
Grille d'analyse et d'évaluation des pratiques
Cette trame a été élaborée, testée et remaniée dans la phase de construction du projet « Lieu à Vivre » avec la participation des résidents.
La grille d’analyse des pratiques, construite autour des 4 piliers du projet Lieu à Vivre fait ressortir les « invariants », mais respecte les spécificités propres à chaque lieu (pas de normes ni de normalisation).
Accueil et Hébergement (être accueilli par le collectif)
Objectif
associatif
Favoriser un accueil adapté personnalisé (attention aux personnes)
Protéger le collectif
Développer une relation éducative avec les habitants
Promouvoir le développement de la personne et de la maîtrise de son avenir
Mixer les publics (pour éviter les ghettos) et les propositions d’accueil
Moyens
Equipe de salariés et/ou de bénévoles, conseil de résidents
Bâtiments /lieu de vie adaptés à l’accueil
Contrat d’hébergement et /ou règlement intérieur, charte de vie
Actions d’insertion
Signature d’un contrat d’hébergement
Mise aux normes des bâtiments – Respect des consignes « hygiène et sécurité »
Accompagnement collectif et individuel pour le respect des engagements
Participation de tous aux expressions collectives
Actions
Critères
d’adhésion
Volonté personnelle de venir vivre là
Aptitude minimum à une vie de groupe
Pas de nécessité de projet de vie à priori
Pas de durée d’accueil fixée à priori
Débat sur la reformulation du règlement intérieur
Régulation de la vie quotidienne avec tous les membres du groupe
Accepter les conditions d’une hygiène de vie
…Prendre son temps
Participation
des habitants
(Re)découvrir un rythme et une hygiène de vie
Devenir maître d’oeuvre de sa rencontre avec le lieu qui accueille
Accompagnement vers une démarche de soins
Réduction des dépendances et avancée vers la sobriété de vie
Effets
attendus
Vie Commune (participer à la vie collective)
Moyens
Assurer une permanence
Lieux et temps collectifs
Salle d’activité/réunions collectives/ateliers d’expression
Organiser les propositions et le rythme la vie commune :
- réunions hebdomadaires
- espaces de prise de parole
- partage des tâches domestiques
- repas communs
- etc…
Elaborer un contrat de compagnonnage
Favoriser les sorties pédagogiques, culturelles et de loisirs
Actions
Critères
d’adhésion
Accepter un lien à un collectif
Pouvoir s’inscrire dans une durée
Accepter de vivre avec d’autres dans un compagnonnage actif
Participation à la vie financière et sociale de la maison
Elaboration d’un projet de vie personnelle
Apprendre le partage
… Et prendre son temps
Participation
des habitants
Rupture de solitude et estime de soi génératrices d’une relation apaisée à l’autre
Satisfaction
Exister par rapport à l’autre
Effets
attendus
Objectif
associatif
Protection des personnes
Permettre la rupture de l’isolement et une forme de socialisation
Activités (faire vivre le collectif)
Objectif
associatif
Statut des habitants et promotion de l’activité
Développement des compétences et des richesses des personnes
Assurer la protection des personnes et des activités (assurances et sécurité)
Rechercher la qualité dans les activités proposées et dans les productions
Participation de tous aux activités et productions (partage des activités entre résidents, salariés et bénévoles)
Moyens
Réseau de personnes ressources
Personnel d’encadrement technique
Aménagements, infrastructures et foncier
Matériel agricole, outil de travail
Développer des connaissances sur le statut des habitants et les assurances
Développement des formations et organisation de visites pédagogiques
Mise en place et maintien des labels
Constituer et promouvoir une dynamique « coopérative »
Adhérer à des réseaux professionnels
Mise en oeuvre d’un Chantier d’Utilité Sociale
Actions
Critères
d’adhésion
Participer à la production pour le collectif
Vérifier que la rentabilité marchande ne prévaut pas sur la fécondité pour les personnes
Promouvoir tout type d’activité :
- aménagement des locaux
- participation au social environnant
- production vivrière
- etc..
VAE, retraite
Accueil des scolaires
Participation à l’animation locale (marché/boutique/ journée portes ouvertes)
… Et prendre son temps
Participation
des habitants
« Fatigué, mais ça va ! »
Insertion dans une relation d’échanges productifs entre soi et avec les autres
Participer et prendre des responsabilités
Effets
attendus
Citoyenneté (accès à la démocratie)
Objectif
associatif
Privilégier l’animation de la régulation par le collectif
Vérifier la recevabilité républicaine du projet d’accueil
Accès à la démocratie :
participation de tous aux décisions au sein de l’association
Moyens
Espaces de parole et d’expression
Relecture des chartes de vie, conventions…
Réseau associatif
Intégrer les résidents au projet associatif
Inviter au développement de la vie culturelle et civique
Participer à la vie associative et citoyenne de la cité
Mener diverses actions :
- alphabétisation
- scolarisation
- sorties pédagogiques…
Envisager un parcours d’insertion en partenariat avec le réseau
Actions
Critères
d’adhésion
Participation aux différentes instances d’organisation du Lieu à Vivre (hébergement, vie commune, activités)
A partir d’un certain temps de présence, participation à la vie de la cité (associatif, sport, culture, environnement)
Régularisation administrative et citoyenne
Accès à la culture
Définition et participation à la vie associative
Devenir membre de la coopérative
Participer à la vie de village
Développer la démocratie interne par la participation à des ateliers d’expression (peinture, groupe de parole, etc…)
Participation
des habitants
Intégration de la personne dans une réalité sociale, culturelle et économique locale ou plus large
Accès à la démocratie :
- pouvoir dire et pouvoir être entendu
- participer aux décisions collectives
Effets
attendus